Ce qu’aurait pu dire de Gaulle

Vive Redeker ! Vive la Liberté ! Vive la République ! Vive la France !
Par Laurent Murawiec, à Washington © Metula News Agency
 
Je n’accorde pas beaucoup d’estime au général de Gaulle, celui de la Cinquième République. Avoir livré l’Algérie aux assassins, avoir abandonné les harkis et méprisé les pieds-noirs, tout cela afin de devenir le chef de file fictif du tiers-monde anti-américain, pays arabes en tête, et de pouvoir jouer « en toute liberté » la carte anti-américaine en faisant risette aux Soviets, ce fut une multiple indignité.
Pourtant, à observer le déroulement de l’affaire Redeker, la figure du général me revient à l’esprit. Il se peut que l’ancien chef de l’Etat, rappelé d’outre-tombe, eût tenu à peu près ce langage :
« Nul ne dicte à la France les propos que ses citoyens peuvent ou ne peuvent tenir. Que nul ne croie pouvoir lui imposer ses moeurs, ses règles et ses lois, car elle seule en a souverainement décidé. Ceux qui sont étrangers sur son sol et croient pouvoir s’y soustraire, seront expulsés ; ceux qui excipent d’une nationalité qu’ils n’honorent pas, et croient non seulement être au-dessus des lois de la France, mais lui imposer leur loi, seront pourchassés, arrêtés, jugés et condamnés.
Ceux qui croient imposer leur loi des rues seront violemment poursuivis par les forces de l’ordre, et goûteront à la fureur d’une France qui n’accepte pas d’être défiée dans son Droit. Nos lois, nous les avons librement choisies. Nul ne peut croire qu’il puisse ni y contrevenir impunément, ni imposer les siennes. La liberté de parole est, dans notre pays, un acquis ancien et fondamental. Les Musulmans viennent de pays et d’une culture où elle n’existe pas, où la parole est captive et celui qui la prend, toujours menacé de mort dès qu’il en use contre le despote ou le zélote. Nous avons choisi notre liberté, eux ont fui son absence chez eux. Qu’ils ne s’imaginent pas que nous avons déchu au point d’accepter qu’ils prescrivent ici les mœurs auxquelles ils ont réchappé en cherchant notre asile.
Qu’il s’agisse de foulard, de mixité dans les piscines et autres lieux publics, de coutumes alimentaires, du statut de la femme ou du discours public, de caricatures danoises ou de philosophe français, voilà soudain que le monde musulman – peu importe qu’il s’agisse de minorités, puisque la majorité n’y arrête pas leur bras – prétend faire la loi ici, comme il fait sa loi chez lui. Nous avons eu la magnanimité ou la faiblesse de ne jamais exiger la réciprocité en matière religieuse. Nous avons permis la construction des mosquées, alors que le gouvernement algérien, pour ne mentionner que lui, a persécuté les Chrétiens, les ravalant au niveau de dhimmis, sans parler de cette Arabie où la possession d’une croix ou d’une Bible est un crime. Ce que les faiseurs de fatwa exigent aujourd’hui, c’est que la Nation se mue en nation dhimmie, en nation « tolérée chez elle, et qu’elle se plie aux usages qui lui sont étrangers. En menaçant de mort la libre parole, on ne fait rien moins que vouloir dénaturer la France et la peindre aux couleurs qui sont hostiles à son génie.
J’ai ordonné aux forces de sécurité d’identifier les auteurs de la fatwa qui vise M. Redeker. Je leur ai ordonné de débarrasser la France de cette souillure intolérable. Le professeur enseignera comme à l’accoutumée, et sa faculté de dire ce qu’il entend est et restera illimitée. Les égorgeurs n’auront aucun droit de cité dans notre pays. Vive la République ! Vive la France ! ». Ainsi aurait peut-être parlé De Gaulle…
Même en tendant attentivement l’oreille, je n’ai perçu, ces derniers jours, aucun écho, même affadi, de tels propos de la part du gouvernement français actuel. On y a vaguement blâmé l’ intolérable, en faisant la leçon au philosophe, lui enjoignant sans vergogne de modérer ses propos.
Et pourquoi diable devrait-il modérer ses propos ? Parce que la fange des banlieues s’en enrage ? Parce que tel gouvernement arabe va froncer le sourcil ?
Mais cette fange, elle ne s’attaque pas qu’aux philosophes, forte de son impunité, elle agresse le flicard et vient le défier intra muros. Elle menace, elle nargue, elle est à l’offensive. Et le gouvernement que l’on rencontre dans les beaux quartiers, lui, se comporte de façon passive-agressive, comme disent les psychiatres : agressif quand il n’y a aucun danger (contre les Etats-Unis par exemple), passif quand on peut craindre des représailles musulmanes si limitées soient-elles. La puanteur de l’abdication émane des palais de la République, l’avachissement de l’abandon y trône, satisfaite, pleutre, repue.
L’affaire Redeker nous tend un triste miroir : Marianne s’y contemple, elle ne voit qu’une harengère aux prétentions nobiliaires. Ce n’est plus la Marseillaise de Rude ou la République de Delacroix, c’est une demi-mondaine, trop maquillée et trop heureuse de monnayer ses charmes flétris auprès d’un occupant, à condition qu’il lui laisse, pour l’instant, ses ors et ses fanfreluches.
« Encore un instant, Monsieur le bourreau » disait la du Barry, la tête sur le billot !



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